Dom Juan – Molière

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Nombre de Pages : 128
Année de parution : 1665
Édition : Pocket


Quatrième de couverture

      « L’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus » : voilà comment Dom Juan se justifie auprès de son valet Sganarelle, scandalisé de voir son maître tromper tout le monde autour de lui, des femmes les plus naïves qu’il séduit sans vergogne aux hommes les plus nobles qu’il mène par le bout du nez sans se démonter. De fait, Dom Juan n’a qu’une ambition : jouir de tous les plaisirs, sans jamais céder aux sirènes de la morale. Il lui faut toutes les voluptés et il les obtient facilement en manipulant ses victimes avec des mots trompeurs. Seule la mort pourrait l’arrêter : n’est-ce pas elle justement qui vient le chercher, lorsque la statue du commandeur s’anime sous ses yeux ?

Résumé

      Dom Juan, libertin impénitent et blasphémateur, séduit toute jeune femme passant à portée d’yeux, noble ou paysanne, vertueuse ou peu farouche. C’est la conquête qui l’intéresse véritablement : une fois le cœur de la belle ravi, il se lance sur la piste d’une nouvelle proie. C’est ainsi qu’il ravit à son couvent Elvire, et provoque sa malédiction lorsqu’elle se sait bernée. Irrespectueux envers son père, impie et fier de l’être, Dom Juan sera finalement châtié pour tous ses blasphèmes par la statue du Commandeur qu’il tua jadis en duel.

Extrait
Dom Juan
Quoi ? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour les ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos coeurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve ; et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon coeur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix milles, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait ; à combatttre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes ; à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquilité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre coeur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leur souhaits.

Avis

      Pièce de théâtre incontournable. Lu pendant ma première L. Je n’aime pas lire le théâtre, j’aime voir ou jouer le théâtre. Après tout, c’est pour cela qu’il fut inventé. Mais je m’efforce d’en lire.

Molière est assez particulier tout de même, à vouloir dénoncer la « bêtise » de la religion (la scène du pauvre et Le Tartuffe ). Dom juan est un vraiment bourreau des coeurs, se mariant il ne peut s’empêcher de faire la coeur à ces jeunes pucelles et leur promettre la lune. Pourchassé par les relatifs de la femme qu’il vient d’épouser, il arrive s’en sortit jusqu’à ce que la statue le défit et que Dieu lui donne enfin la leçon qu’il attendait tellement. Fin qui fut biensûre mise en place pour que les dévotes de s’arrachent pas plus les cheveux qu’elles ne l’ont fait pour le Tartuffe qui fut formellement interdit.

Quelques passages ont été difficile à lire, notamment lorsque ce sont les paysans qui parlent, autant dire que je n’ai quasiement rien compris. J’ai ressenti beaucoup de pitié pour Sganarelle qui n’est même pas payé comme il le faudrait. D’ailleurs, lorsque Dom Juan est engloutit, c’est l’une des seules choses qu’il  pense à dire encore et encore. Est-ce parce qu’il ne pensait qu’à ça? Ou pour cacher sa peine ?  » Dieu seul le sait « .

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