Bel-Ami – Maupassant

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Nombre de Pages : 432
Année de parution : 1885
Édition : Le Livre de Poche Classique

Résumé

      Ce roman, retrace l’ascension sociale de Georges Duroy, homme ambitieux et séducteur (arriviste – opportuniste), employé au bureau des chemins de fer du Nord, parvenu au sommet de la pyramide sociale parisienne grâce à ses maîtresses et à la collusion entre la finance, la presse et la politique. Sur fond de politique coloniale, Maupassant décrit les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse mais aussi l’influence des femmes, privées de vie politique depuis le code Napoléon et qui œuvrent dans l’ombre pour éduquer et conseiller. L’œuvre se présente comme une petite monographie de la presse parisienne dans la mesure où Maupassant fait implicitement part de son expérience de reporter. Ainsi l’ascension de Georges Duroy peut être une allégorie de la propre ascension de Maupassant.

Voici l’incipit du roman.

      Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.

      Comme il portait beau par nature et par pose d’ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d’un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent comme des coups d’épervier.

      Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal peignée, négligée, coiffée d’un chapeau toujours poussiéreux et vêtue toujours d’une robe de travers, et deux bourgeoises avec leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe.

      Lorsqu’il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu’il allait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners, au choix. Il réfléchit que les repas du matin étant de vingt-deux sous, au lieu de trente que coûtaient ceux du soir, il lui resterait, en se contentant des déjeuners, un franc vingt centimes de boni, ce qui représentait encore deux collations au pain et au saucisson, plus deux bocks sur le boulevard. C’était là sa grande dépense et son grand plaisir des nuits ; et il se mit à descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette.

      Il marchait ainsi qu’au temps où il portait l’uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s’il venait de descendre de cheval ; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l’oreille son chapeau à haute forme assez défraîchi, et battait le pavé de son talon. Il avait l’air de toujours défier quelqu’un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil.

      Quoique habillé d’un complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réelle cependant. Grand, bien fait, blond, d’un blond châtain vaguement roussi, avec une moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeux bleus, clairs, troués d’une pupille toute petite, des cheveux frisés naturellement, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires.

      C’était une de ces soirées d’été où l’air manque dans Paris. La ville, chaude comme une étuve, paraissait suer dans la nuit étouffante. Les égouts soufflaient par leurs bouches de granit leurs haleines empestées, et les cuisines souterraines jetaient à la rue, par leurs fenêtres basses, les miasmes infâmes des eaux de vaisselle et des vieilles sauces.

      Les concierges, en manches de chemise, à cheval sur des chaises en paille, fumaient la pipe sous des portes cochères, et les passants allaient d’un pas accablé, le front nu, le chapeau à la main.

      Quand Georges Duroy parvint au boulevard, il s’arrêta encore, indécis sur ce qu’il allait faire. Il avait envie maintenant de gagner les Champs-Élysées et l’avenue du bois de Boulogne pour trouver un peu d’air frais sous les arbres ; mais un désir aussi le travaillait, celui d’une rencontre amoureuse.

      Comment se présenterait-elle ? Il n’en savait rien, mais il l’attendait depuis trois mois, tous les jours, tous les soirs. Quelquefois cependant, grâce à sa belle mine et à sa tournure galante, il volait, par-ci, par-là, un peu d’amour, mais il espérait toujours plus et mieux.  »

P.7-8

Avis

Je n’ai pas vraiment aimé en sois l’oeuvre. Pourquoi ? Parce que ce livre décrit le genre de personnes que je déteste le plus au monde. Mais c’est une oeuvre à connaitre. Maupassant est un génie, même si très noir dans sa façon de décrire le monde. Peut-être devrait-on le qualifier de très réaliste et donc de très pessimiste, car la vérité n’est jamais belle à voir. On voit dans cette oeuvre la bassesse la plus simple de l’être humain.
Pour moi, c’était une perte de temps, je ne sais pas si je retenterai du Maupassant de sitôt.

Les Liaisons dangereuses – Choderlos de Laclos

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Nombre de Pages : 505
Année de parution : 1782
Édition : folioplus classique



Quatrième de couverture
« J’espère qu’on me comptera pour quelque chose l’aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n’était rien, que d’enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d’en user ensuite tant qu’on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d’embarras ; d’en obtenir ce qu’on n’ose pas même exiger de toutes les filles dont c’est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour… En sorte qu’après ma fantaisie passée, je la remettrai entre les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu’elle se soit aperçue de rien. »
Résumé
La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.
Extrait
Lettre VI

Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil.

 » J’ai dirigé sa promenade de manière qu’il s’est trouvé un fossé à franchir ; et, quoique fort leste, elle est encore plus timide : vous jugez bien qu’une prude craint de sauté de le fossé. Il a fallu se confier à moi. J’ai tenu dans mes bras cette femme modeste. Nos préparatifs et le passage de ma vieille tante avaient fait rire aux éclats la folâtre dévote : mais, dès que je me fus emparé d’elle, par une adroite gaucherie, nos bras s’enlacèrent mutuellement. Je pressai son sein contre le mien ; et, dans ce court intervalle, je sentis son coeur battre plus vite. L’aimable rougeur vint colorer son visage, et son modeste embarras m’apprit assez que son coeur avait palpité d’amour et non de crainte. Ma tante cependant s’y trompa comme vous, et se mit à dire :  » l’enfant a eu peur  » ; mais la charmante candeur de l’enfant ne lui permit pas le mensonge, et elle répondit naïvement ;  » Oh non, mais…  » Ce seul mot m’a éclairé. Dès ce moment, le doux espoir a remplacé la cruelle inquiétude. J’aurai cette femme ; je l’enlèverai au mari qui la profane : j’oserai la ravir au dieu même qu’elle adore. Quel délice d’être tour à tour l’objet et le vainqueur de ses remords ! Loin de moi l’idée de détruire les préjugés qui l’assiègent ! ils ajouteront à mon bonheur et à ma gloire. Qu’elle croie à la vertu, mais qu’elle me la sacrifie ; que ses fautes l’épouvantent sans pouvoir l’arrêter ; et qu’agitée de mille terreurs, elle ne puisse les oublier, les vaince que dans mes bras. Qu’alors j’y consens, elle me dise :  » Je t’adore « , elle seule, entre toutes les femmes, sera digne de prononcer ce mot. Je serai vraiment le Dieu qu’elle aura préféré.  »


Avis

Voilà donc une des oeuvres que je devais étudier pour le Bac. Et bien, c’était une oeuvre en soi très intéressante, mais je ne l’ai pas aimé, dans un sens où je déteste vraiment toutes ces manipulations qui ne font que du mal. Cependant, je pense qu’au vu de ma réaction, cela veut dire que j’étais bien intégrée dans l’histoire. Seulement je ne le relirai surement pas, ou du moins, pas avant mes vieux jours !

Toutes ces conspirations entre Valmont et Mertueil, ce n’est vraiment pas saint, et je suis bien contente de ce qui leur arrive à la fin. Mais quel roman épistolaire fataliste. Je suis vraiment triste pour la présidente de Tourvel. Je ne sais pas si tout cela est réaliste. Tout ces pleurs, tout ces malheurs. Comment peut-on être si émotif ?

Néanmoins, il faut applaudir la marquise de Mertueil qui est très ingénieuse et arrive à vivre à peu près comme une femme libre comparé aux autres de ce temps. La pauvre Cécile me paraît bien sotte, je ne supporte pas sa niaiseri, et surtout la façon dont elle tourne de jeune naïve, à jeune naïve stupide et méchante.