Maus – Art Spiegelman

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Titre original : Maus
Nombre de Pages : 296
Année de parution : 1998
Édition : Flammarion

Résumé

       Maus est une bande dessinée d’Art Spiegelman. Elle raconte, à travers le dialogue de l’auteur et de son père, juif polonais, survivant des ghettos et d’Auschwitz, l’histoire des persécutions nazies, depuis les premières mesures anti-juives jusqu’à l’effondrement du Troisième Reich et l’immédiat après-guerre.
       Maus a reçu le prix Pulitzer en 1992 et a été traduite en dix-huit langues.

Extrait

       Pourquoi ces extraits ? Tout simplement parce que ce sont ceux qui m’ont le plus parlé. En tant qu’extrait, sans trop être dans « l’action », ni trop en dévoilé, ce sont des scènes qui sont souvent vu dans les témoignages, je pense notamment au film Le Pianiste de Roman Polanski.

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Avis

       Quelle bande-dessinée ! Je n’avais encore jamais lu de témoignage retranscrit dans ce style bien particulier qu’est la BD. Chose beaucoup plus difficile à mon goût que poser des mots sur du papier, même si encore une fois ce n’est pas une mince affaire. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai eu un coup de cœur, car je suis trop écœurée par cet épisode de l’histoire ( comme bien tant d’autres.. ), mais c’est un livre que j’ai beaucoup  » aimé « . C’est une approche tout à fait différente, et j’en suis encore étonnée. Le travail qu’il a fallu faire.

L’idée des personnages ; souris, chats, cochons, grenouilles, etc… est une merveilleuse idée à mon goût. J’ai cru comprendre qu’il s’est inspiré d’un texte de propagande désignant les juifs comme des souris propageant le misère.

Je pense que c’est une bonne façon d’aborder la seconde guerre mondiale et l’holocauste avec un adolescent qui n’aurait pas encore le cran de lire/voir d’autres témoignages plus cru. C’est une approche plus douce même si choquante et beaucoup plus facile à comprendre grâce aux illustration.

Je me suis quand même posé quelques questions, notamment sur la fin. Pourquoi Vladek l’appel par ce nom?  Pourquoi Anja en est-elle arrivé à faire ça? Même si d’autres sont dans son cas, comme Primo Levi.

Un petit bémol, j’ai un peu eu du mal pour la façon de parler de Vladek, mais après un petit bout de temps je m’y suis faite.

Paroles de Poilus – Lettres et carnets du front 1914-1918

Mercredi 12 janvier 2011 à 19:30

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Nombre de Pages : 186
Année de parution : 2003
Édition: Librio Documents

Quatrième de Couverture / Résumé

       Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans. Se prénommaient Gaston, Louis, René. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, bourgeois ou ouvriers. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers… Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants et revêtir l’uniforme mal coupé, chausser les godillots cloutés… Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures.. Huit mille personnes ont répondu à l’appel de Radio France visant à collecter les lettres, jusqu’ici éparpillées, de ces Poilus. Cet ouvrage en présente une centaine. Des mots écrits dans la boue et qui n’ont pas vieilli d’un jour. Des mots déchirants, qui devraient inciter les générations futures au devoir de mémoire, au devoir de vigilance comme au devoir d’humanité…

Extrait

       1916
       Cher Joseph
       Article inédit : sentimental… Garde le souvenir précieux des poilus. Ton ami qui te la serre.

Edmond

       Le poilus, c’est celui que tout le monde admire, mais dont on s’écarte lorsqu’on le voit monter dans un train, rentrer dans un café, dans un restaurant, dans un magasin, de peur que ses brodequins amochent les bottines, que ses effets maculent les vestons à la dernière coupe, que ses gestes effleurent les robes cloches, que ses paroles soient trop crues. C’est celui que les officiers d’administration font saluer. C’est celui à qui l’on impose dans les hopitaux une discipline dont les embusqués sont exempts. Le poilu, c’est celui dont personne à l’arrière ne connaît la vie véritable, pas même les journalistes qui l’exaltent, pas même les députés qui voyagent dans les quartiers généraux. Le poilu, c’est celui qui va en permission quand les autres y sont allés, c’est celui qui ne pasle pas lorsqu’il revient pour huit jours dans sa famille et son pays, trop occupé de les revoir, de les aimer ; c’est celui qui ne profite pas de la guerre ; c’est celui qui écoute tout, qui juge, qui dira beaucoup de choses après la guerre.
       Le poilu, c’est le fantassin, le fantassin qui va dans les tranchée. Combien sont-ils les poilus sur le front ? moins qu’on ne le croit. Que souffrent-ils ? Beaucoup plus qu’on ne le croit. Que fait-on pour eux ? Je sais on en parle, on les vante, on les admire de loin. Les illustrés ou les clichés de leurs appareils tentent de les faire passer à la postérité par le crayon de leurs artistes. Les femmes malades tentent de flirter avec eux par lettres.
       Mais lorsqu’ils sont au repos, les laisse-t-on se reposer ? Ont-ils leurs journées pour populariser comme en ont eu le 75, l’aviation, le Drapeau belge, etc. ? A-t-on vu expliquer dans la presse que le poilu, c’est encore le seul espoir de la France, le seul qui garde ou prend les tranchées, malgré l’artillerie, malgré la faim, malgré le souci, malgré l’asphyxie…

Edmont VITTET

p.120-121

Avis

Il n’y a pas vraiment de mots pour décrire ce que l’on lit dans ce livre. Les lettres sont touchantes, elles permettent d’apercevoir un peu mieux leur situation, leur façon de penser, leur sentiments face à cette guerre. On partage leur craintes. Parfois on suit une même personne à travers différentes lettres.

Pourquoi j’ai mangé mon père – Roy Lewis

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Titre original : The Evolution Man
Nombre de Pages : 182
Année de parution : 2003
Édition : Pocket

 

 

 Quatrième de Couverture

Approchez homo sapiens ! Ce livre vous fera hurler de rire ! Faites la connaissance d’une famille préhistorique : Edouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu ; Vania, l’oncle réac, ennemi du progrès ; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt ; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles…
Ces êtres délicieux font le monde autour d’un feu dégustant des os à moelle. Regardez-les découvrir l’amour, s’essayer à la drague, se battre avec l’évolution…
Situations rocambolesques, personnages hilarants d’un monde où l’homme est pourtant déjà homme : batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde. Un miroir à consulter souvent. Pour rire et réfléchir.

Résumé

Ernest, un jeune homme préhistorique du Pléistocène moyen raconte les aventures de sa famille et en particulier de son père Édouard, féru de sciences et pétri d’idées généreuses. Pour échapper aux prédateurs de l’Afrique orientale, Édouard invente successivement le feu, les pointes durcies à la flamme, l’exogamie et l’arc. Seul l’oncle Vania voit cette débauche de progrès d’un mauvais œil et ne se prive pas de critiquer Édouard, en profitant toutefois de ses dernières trouvailles : si son cri de ralliement est « Back to the trees! », il le pousse volontiers auprès d’un foyer rassurant.
Le reste de sa famille est également inventif : la mère découvrira la cuisson des aliments alors que Ernest et ses frères se distingueront chacun à leur manière, tel William, qui tentera de domestiquer un chien, Alexandre qui à l’aide de morceaux de charbon dessinera des images contre les rochers ou encore Oswald qui poussera, en bon chasseur, la famille à la vie nomade.
L’incendie accidentel de la savane, le don du feu à des tribus adversaires, puis la découverte de l’arc donnent lieu à de nombreuses controverses conduisant au dénouement tragique qui justifie le titre français.

Extrait

C’était encore ainsi il n’ya pas longtemps ; pourtant je me demande combien de gens s’en souviennent aujourd’hui. Combien se rappellent ces indigestions qui nous torturaient jadis. Et même combien y succombaient. Et cette mauvaise humeur des premiers pionniers subhumains constamment aigris par ces dérangements gastriques ! Allez donc arborer un visage ensoleillé quand vous souffrez d’une colite chronique ! Car qu’on n’aille pas croire que de quitter un régime purement végétarien (et même composé essentiellement de fruits) pour devenir omnivore, ce soit une opération aisée ! Non, cela demande au contraire de la patience et une obstination énormes. Garder dans l’estomac des choses qui vous dégoûtent, et de plus qui vous rendent malade, cela exigent une discipline de fer. Seule une ambition farouche d’améliorer votre situation dans la nature pourra vous soutenir dans une telle transition. Non que vous ne tombiez de temps en temps, je ne le nie pas, sur quelques friandise ; mais toute la vie n’est pas ris de veau et limaces. Dès le moment que vous prenez pour but de devenir omnivore, il faut, comme le mot l’indique, apprendre à manger de tout. De plus, quand ce que vous avez – ce qui est de règle -, c’est de la vache enragée, vous ne pourrez vous permettre d’en rien laisser pour votre assiette. Comme petit enfant, on m’a encore élevé strictement selon ces principes. Oser dire à maman qu’on ne voulait pas de ceci ou de cela, de la fourmi pilée, du crapaud mariné, c’était vouloir s’attirer une bonne baffe. « Finis-le, c’est bon pour ta santé », voilà la rengaine de toute mon enfance. Et c’était vrai, bien entendu : car la nature, en merveilleuse adaptatrice, finissait par durcir nos petits intestins et par leur faire digérer l’indigeste.

p.22-23

Avis

Quel livre formidable. J’avais lu un extrait lors de ma première, mais n’avait jamais eu ni l’envie ni l’intérêt de vraiment le lire. Un jour, je l’ai vu dans ma bibliothèque et me suis dit : pourquoi ne pas le lire ? Eh bien, je ne l’ai pas regretté ! Je me suis tordue de rire de début jusqu’à la fin. Quelle belle critique Lewis nous fait. De plus, les personnages sont assez attachants et l’oncle Vania nous fait bien rire.

En bref, c’est un livre à lire absolument !