Les Liaisons dangereuses – Choderlos de Laclos

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Nombre de Pages : 505
Année de parution : 1782
Édition : folioplus classique



Quatrième de couverture
« J’espère qu’on me comptera pour quelque chose l’aventure de la petite Volanges, dont vous paraissez faire si peu de cas : comme si ce n’était rien, que d’enlever, en une soirée, une jeune fille à son Amant aimé, d’en user ensuite tant qu’on le veut et absolument comme de son bien, et sans plus d’embarras ; d’en obtenir ce qu’on n’ose pas même exiger de toutes les filles dont c’est le métier ; et cela, sans la déranger en rien de son tendre amour… En sorte qu’après ma fantaisie passée, je la remettrai entre les bras de son Amant, pour ainsi dire, sans qu’elle se soit aperçue de rien. »
Résumé
La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.
Extrait
Lettre VI

Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil.

 » J’ai dirigé sa promenade de manière qu’il s’est trouvé un fossé à franchir ; et, quoique fort leste, elle est encore plus timide : vous jugez bien qu’une prude craint de sauté de le fossé. Il a fallu se confier à moi. J’ai tenu dans mes bras cette femme modeste. Nos préparatifs et le passage de ma vieille tante avaient fait rire aux éclats la folâtre dévote : mais, dès que je me fus emparé d’elle, par une adroite gaucherie, nos bras s’enlacèrent mutuellement. Je pressai son sein contre le mien ; et, dans ce court intervalle, je sentis son coeur battre plus vite. L’aimable rougeur vint colorer son visage, et son modeste embarras m’apprit assez que son coeur avait palpité d’amour et non de crainte. Ma tante cependant s’y trompa comme vous, et se mit à dire :  » l’enfant a eu peur  » ; mais la charmante candeur de l’enfant ne lui permit pas le mensonge, et elle répondit naïvement ;  » Oh non, mais…  » Ce seul mot m’a éclairé. Dès ce moment, le doux espoir a remplacé la cruelle inquiétude. J’aurai cette femme ; je l’enlèverai au mari qui la profane : j’oserai la ravir au dieu même qu’elle adore. Quel délice d’être tour à tour l’objet et le vainqueur de ses remords ! Loin de moi l’idée de détruire les préjugés qui l’assiègent ! ils ajouteront à mon bonheur et à ma gloire. Qu’elle croie à la vertu, mais qu’elle me la sacrifie ; que ses fautes l’épouvantent sans pouvoir l’arrêter ; et qu’agitée de mille terreurs, elle ne puisse les oublier, les vaince que dans mes bras. Qu’alors j’y consens, elle me dise :  » Je t’adore « , elle seule, entre toutes les femmes, sera digne de prononcer ce mot. Je serai vraiment le Dieu qu’elle aura préféré.  »


Avis

Voilà donc une des oeuvres que je devais étudier pour le Bac. Et bien, c’était une oeuvre en soi très intéressante, mais je ne l’ai pas aimé, dans un sens où je déteste vraiment toutes ces manipulations qui ne font que du mal. Cependant, je pense qu’au vu de ma réaction, cela veut dire que j’étais bien intégrée dans l’histoire. Seulement je ne le relirai surement pas, ou du moins, pas avant mes vieux jours !

Toutes ces conspirations entre Valmont et Mertueil, ce n’est vraiment pas saint, et je suis bien contente de ce qui leur arrive à la fin. Mais quel roman épistolaire fataliste. Je suis vraiment triste pour la présidente de Tourvel. Je ne sais pas si tout cela est réaliste. Tout ces pleurs, tout ces malheurs. Comment peut-on être si émotif ?

Néanmoins, il faut applaudir la marquise de Mertueil qui est très ingénieuse et arrive à vivre à peu près comme une femme libre comparé aux autres de ce temps. La pauvre Cécile me paraît bien sotte, je ne supporte pas sa niaiseri, et surtout la façon dont elle tourne de jeune naïve, à jeune naïve stupide et méchante.

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Je vous écris comme je vous aime – Elisabeth Brami

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Nombre de Pages : 209
Année de parution : 2006
Édition : Calmann-lévy



Quatrième de Couverture

     « Ma Dame, Laissez-moi vous aimer. Juste avec des mots. Rien que des mots. Plus fort grâce aux mots. Vous êtes mon île, mon salut, ma survie, mon repos. Que ces lignes vous brûlent, vous percent, vous pénètrent dans l’extrême beauté d’une passion dont les corps s’épousent malgré l’absence.  » Gabrielle. Emilie. Deux femmes que tout sépare. Elles se rencontrent. S’éblouissent. Doivent se quitter. Mais de ce moment éphémère s’est noué un lien insensé qui les pousse à échanger des lettres à n’en plus finir pour abolir l’espace, le temps, l’oubli et la douleur du manque. C’est l’écriture d’une passion nourrie de la passion de l’écriture. »

Extrait

                                                               Paris, 24 Juillet
Ma Dame,

Je ne cesse de vous écrire dans ma tête.
C’est comme une maladie, une douce
maladie. Il y  a des douleurs qu’on dit
exquises. Tout en moi vous parle et
s’élance vers vous. Je ne peux pas ne pas
vous écrire, vous dire, vous parler. Je lis
et relis les mots que vous m’avez écrits et
mon corps s’émeut si fort sous vos
baisers qu’un sourire irrépressible me
vient aux lèvres où que je sois. Monte
alors en moi une bouffée d’allégresse.
Quel nom donner à cette émotion qui me
fait chavirer ?

A chaque instant, résonne la vibration
d’une présence irréductible qui palpite
passionnément. Me parlez vous de loin,
de votre île de la lune à l’envers qui
invite à l’union ? Vous m’aimantez, vous
me hantez, vous m’aimez. Ma seule
crainte est que ce trouble réciproque ne
nous soit enlevé par l’usure du temps.

Lorsque je pense à vous, mon coeur bat
plus fort, mon corps s’étonne et
s’émerveille. Quelle est donc cette folie ?
Je m’incline d’avance devant tous les
ravages qu’elle causera et me soumets
aux exigences de cette relation
incompréhensible. Jamais, jamais sachez-
le, je ne vous abandonnerai, ma Dame.

Embrassez-moi encore, cela fait refluer
des vagues du passé, me rend le présent
plus doux et l’avenir, une attente de vous lire.

Je vous embrasse tendrement, si vous l’acceptez.

émilie

p.18-19

Avis

     Un roman qui m’a fait découvrir le genre épistolaire. C’est une histoire très émouvante et touchante. Une histoire ne tenant qu’au fil de l’écriture entre deux femmes, une de 80 ans l’autre de 50. Parfois je me mets à rêver que j’entretiendrais une liaison de ce genre. Leur besoin inscensant de s’écrire, de recevoir une lettre, de la lire et relire de long en large. Emilie alors qu’elle est « jeune » est si attachante par sa passion qui brûle et cri haut et fort, alors que l’on comprends parfaitement ce qui retient Gabrielle.
Un roman remplit de poésie comme on l’est aime. A lire sans modération.

Pas contre, très difficile de trouver pour ma part chez une librairie, car j’en ai visité 5 et aucune n’en avais. Parfois je me dis, merci amazon.