Precious – Sapphire

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Titre original : Push
Nombre de Pages : 201
Année de parution : 2010
Édition : Points


Quatrième de couverture / Résumé

Precious, seize ans, claque la porte. Elle ne se laissera plus cogner par sa mère, ni violer et engrosser encore une fois par son père. Jamais. Virée de l’école, elle envisage une nouvelle vie, loin de Harlem et du ghetto afro-américain de son enfance. Elle veut apprendre à lire et à écrire, raconter son histoire à travers des poèmes et élever dignement son fils.
« La réalité je sais ce que c’est et c’est une belle salope »

Extrait

Le jour de sa première rentrée scolaire, elle avait une robe rose crasseuse maculée de l’odeur de son père. La deuxième. La troisième. La quatrième. C’était comme si la nuit était à lui et qu’elle en faisait partie. Invisible, noire, disparue. Il faisait si noir qu’elle avait cessé de tout simplement – cessé de parler, de jour à la balle, de remplire entre les pointillés, de reconnaître les formes et les couleurs. Qu’est-ce que cela changerait que la tache violette soit un carré ou un cercle. Ou qu’elle soit bleue, violette ou jaune, d’ailleurs. Qu’est-ce que cela changerait que les lettres soient orientées comme ci ou comme ça sur la page, que le toit de la maison de pain d’épice soit tournée vers le haut ou vers le bas. Precious s’était assise au fond de la classe et, sans un mot, avait renoncé au livre, à la poupée, à la corde à sauter, à elle-même et elle avait baissé la tête. Elle avait six ans. Elle n’avait pas relevé les yeux avant d’en avoir douze et que l’homme des urgences médicales lui avait demandé de le faire quand il l’avait trouvée geignante sur le carreau de la cuisine du 444 Lenox Avenue, et voilà que cette infirmière lui tenait le visage en disant :
– Regarde-moi, petite, tu vas t’en sortir. C’est sûr, tu vas t’en sortir.
Abasourdie, Precious leva sur elle un regard plein de douleur et de confusion, se rappelant la chaussure de sa mère venant frapper sa tempe comme une balle, le pénis de son père sautillant devant son visage et maintenant la face plate du bébé aux yeux comme ceux des Coréens.
– Comment ? Cria-t-elle. Comment ?

p. 31-32

Avis

A la base, c’est un livre, intitulé Push en anglais.

Alors, oui le film est « pas mal », mais il est incomparable face au livre. Le livre est beaucoup plus dure, bien sure beaucoup plus de détails. Beaucoup de faits ont été enlevé dans le film,  voir ajouté. Bon, je ne serais jamais heureuse des adaptations de livres au cinéma, mais au moins il garde la trame principale. Je trouve ça dommage que l’on ai pas une voix off, qui raconte ce que chaque fille a écrit dans le cahier de la classe. 10min en plus n’aurais rien changé, vraiment. Les scènes avec le petite fille ne servaient pas à grand chose, et je ne les ai pas remarqué dans le livre. Disons que je l’ai lu de 23h à 5h du matin, alors d’accord, ce n’est peut-être pas les meilleurs horaires pour bien y faire attention, mais tout de même !

C’était encore une fois, très difficile de mettre un extrait. Chaque chose est tellement relié. Et puis c’est un roman très compliqué, dans le sens où, l’histoire en elle même est « simple », mais tout se mélange. Elle commence à parler de queqlue chose et passe du coq à l’âne. L’extrait que j’ai choisi semble bien résumer le roman. Elle doit s’en sortir, mais sa vie, son passé la hante. Si j’avais pu, j’aurai mis le livre entier, mais je n’ai pas le courage – ni le droit – de copier 201 pages.

Je tiens à dire chapeau bas au traducteur. Quel dure travail il a eu. Devoir retranscrire des fautes d’orthographes. Toute la complexité se trouve là. « Ame »,  » A « , « Alle », « xe,xa « , et bien d’autres. J’ai eu du mal au début à déchiffrer, mais on s’y fait. Ce qui est dommage, c’est qu’il n’ai pas traduit l’équivalence des classes, il a laissé dans le système scolaire anglophone.